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Wildproject



Wildproject est une maison d’édition spécialisée en écologie, notamment sous ses aspects philosophiques, littéraires, politiques. La maison a été créée par Baptiste Lanaspeze, et a contribué à l’émergence d’une scène d’humanités écologiques en langue française qui est aujourd’hui florissante, avec de nombreux auteurs et éditeurs. L’ambition de ce courant de pensée est immense, et Wildproject souhaite la révolution écologique, sous toutes ses formes – scientifiques, philosophiques, sociales, politiques…

Le projet intellectuel et politique de la maison est un projet de « dé-domestication » ou d’ « ensauvagement » analogue au maronnage. Wild ne renvoie pas au sauvage extérieur de la wilderness, mais au sauvage intérieur, à ce que notre vie intime a d’incompatible avec le mode d’organisation actuel du monde.

Ce dont il s’agit avec la révolution de l’écologie, nous dit Baptiste Lanaspeze, « c’est de sortir de la Plantation de canne à sucre – cette plantation qui est la matrice de l’organisation moderne du monde : une organisation industrielle extractiviste qui détruit les sociétés humaines et la vie sur la Terre. L’écologie est la réfutation de « l’idéologie de la plantation », selon laquelle le monde qui nous entoure serait un monde mort et matériel, dénué de sens et de vitalité, régi par la force mécanique, et ne constituant qu’une vaste ressource à notre disposition pour une exploitation à des fins humaines. Tous les écologistes sérieux sont des marons ; et ils forment un quilombo de plus en plus vaste, à l’échelle planétaire. »

Gérée pendant 10 ans par Baptiste Lanaspeze seul, Wildproject, sous forme de SARL, est aujourd’hui constituée d’une équipe de 3 éditeurs : Baptiste Lanaspeze (suivi éditorial, fabrication, presse, administration, gérance), Georgia Froman (éditrice, chargée de développement, suivi éditorial, presse) et Marin Schaffner (éditeur et co-directeur de collection). Wildproject s’appuie aussi sur un comité éditorial consultatif, un réseau d’experts qui soutient la maison, impulse des projets, contribue aux relectures (constitué de Nathalie Blanc, J. Baird Callicott, Jean-Claude Génot, Catherine Larrère, Raphaël Larrère, Baptiste Morizot, David Rothenberg, Pascal Menoret, Pierre Madelin, Emilie Hache, Augustin Berque et Gilles Tiberghien), sur une correctrice free-lance, Laure Dupont ; et sur plusieurs traducteurs réguliers (Marin Schaffner, Pierre Madelin, Matthieu Dumont…).

Le catalogue de Wildproject comport 80 titres (une dizaine de sorties par an) et s’articule autour de 5 collections : « Domaine sauvage » (essais), « Tête nue » (littérature), « Le monde qui vient » (écologie politique), « A partir de Marseille », et la nouvelle collection semi-poche « Petite bibliothèque populaire d’écologie ».

Parmi ses meilleures ventes, on peut citer Printemps silencieux de Rachel Carson, Contre-histoire des États-Unis de Roxanne Dunbar-Ortiz, Les Diplomates de Baptiste Morizot, et le Topoguide du GR2013. Quand on demande à Baptiste Lanaspeze s’il a déjà eu des surprises quant à l’accueil de ses parutions, il constate que « le succès commercial des ouvrages est très souvent une surprise, dans un sens comme dans l’autre ! »

Son catalogue est défendu auprès des libraires par le diffuseur Les Belles Lettres, qu’il trouve parfaitement adapté à son catalogue.

Parmi les nombreux titres de la maison, Quilombo a retenu particulièrement Un sol commun, un état des lieux des pensées de l’écologie en France à travers 20 entretiens. Ce livre constitue une synthèse pédagogique et accessible des grands enjeux de l’écologie. Différents auteurs, journalistes, éditeurs, traducteurs, libraires, militants… réfléchissent sur ces questions : comment décrire et nommer ce nouveau continent à la croisée des luttes, des arts et des sciences ? À quelles œuvres collectives ses acteurs sont-ils en train de donner vie ? Quelles sont les grandes dynamiques en cours ? Comment l’écologie transforme-t-elle nos façons de penser et d’agir ?

Contre-histoire des États-Unis de Roxanne Dunbar-Ortiz, sorti en 2018, est également un ouvrage remarquable. Cette contre-histoire, c’est celle qui épouse le point de vue des peuples indiens ; celle qui rappelle que les Etats-Unis se sont construits sur un génocide, car ils n’ont jamais été une terre vierge et sauvage au moment de leur « découverte » en 1492 : c’était un réseau de 500 communautés et nations indigènes, constitué de plus de 15 millions d’habitants. L’autrice, d’origine indienne, qui a participé au mouvement des droits civiques et au mouvement indien Red Power dans les années 60-70, raconte à la fois ce génocide et les résistances indiennes. D’une manière très accessible, elle montre que les Amérindiens ont été méthodiquement éliminés, physiquement, économiquement, symboliquement. Et rappelle, comme l’écrit le traducteur Pascal Menoret dans sa préface, que « le génocide des Amérindiens ouvrit la voie à l’esclavage des Amérindiens, puis des Africains : les colons européens, en mal de main-d’œuvre pour exploiter les gigantesques terres arables ouvertes par la guerre de conquête, inventèrent l’esclavage colonial, institution emblématique du capitalisme moderne ».

Wildproject a publié également plusieurs livres de John Baird Callicott, pionnier de l’éthique de l’environnement. Dans Éthique de la terre, Callicott nous convie à repenser notre rapport à la nature, pour nous engager dans une coexistence moins conflictuelle entre humains et non-humains, puisque l’avenir de l’homme et de son environnement sont inextricablement liés. De ce fait, la conduite des hommes engage le mode de vie de toutes les créatures et de l’environnement dans son entier.
Dans Pensées de la terre, Calicott offre un panorama très complet des rapports des différentes cultures du monde à leur environnement. Non seulement il décrit avec comment ces cultures ont pensé le rapport de l’homme à la « Nature », mais il montre aussi comment différents peuples ont su prendre appui sur des traditions parfois millénaires, pour évoluer dans leur pratique, dans le sens d’un plus grand respect de leur environnement, et donc aussi pour lutter contre ceux qui veulent dévaster leurs territoires. Ces traditions leur ont permis de trouver les ressources morales pour s’affirmer et agir.

Dans Un bœuf dans la tempête, Kenneth Strong dresse le portrait de Tanaka Shozo (1841-1913), qui mena au Japon la première grande campagne de contre-lobbying de l’histoire. Dans une époque de violente modernisation industrielle, ce paysan épris de justice et de vérité, ce député en guenilles, vivant dans une auberge de jeunesse de Tokyo, a ouvert avec un siècle d’avance l’ère des combats écologistes. Défenseur de la terre et du peuple, homme politique, écologiste, poète, moine errant, visionnaire intempestif, Tanaka Shozo est une figure importante de la lutte non-violente, de la vie spirituelle et de l’histoire de l’écologie.

Baptiste Morizot a signé chez Wildproject son très bel essai Les Diplomates, qui « incite au développement de relations politiques avec les autres vivants. On sent que Les Diplomates pourrait bien être la première pierre d’une nouvelle construction ontologique plus vaste. En pistant le loup, c’est finalement la voie vers une nouvelle forme d’écologie politique qu’on découvre, une écologie de la réconciliation qui invite à choisir des formes de cohabitation mutuellement bénéfiques avec le vivant » (le jury du Prix de la Fondation de l’Écologie Politique, attribué aux Diplomates en 2016).

De nombreux autres titres sont à découvrir, comme Aristocrates sauvages, entretiens entre le romancier Jim Harrison et Gary Snyder, poète emblématique de la beat generation, bouddhiste zen et militant de l’écologie radicale, qui confrontent leurs conceptions du sauvage, du zen, de l’animalité et de la poésie ; Comme des rois de Youssouf Djibada, une cité racontée de l’intérieur, par un ancien champion de France de boxe ; Le Gang du Kosmos : Poétique et politique en terre américaine de Kenneth White, une cavalcade sauvage en compagnie de quatre poètes américains (Allen Ginsberg, William Carlos Williams, Gary Snyder et Robinson Jeffers) ; Henry David Thoreau. Biographie intérieure de Robert Richardson, une biographie passionnante ; Carnet d’estives. Des Alpes au Chiapas de Pierre Madelin, récit d’un étudiant en philosophie qui se fait aide-berger et qui changra de destin grâce à ce premier été en alpage ; La Propriété de la terre de Sarah Vanuxem, qui propose d’accorder des droits aux lieux…

Pour ses 10 ans d’existence, Wildproject a créé l’année dernière une nouvelle collection, en poche, appelée « Petite bibliothèque populaire d’écologie ». Une collection pédagogique, militante, poétique, pour rendre plus abordables les combats de l’écologie. Manifestes, manuels, entretiens, classiques, inédits... pourront s’y retrouver, et les deux premiers ouvrages sont des textes de deux penseuses écoféministes en lutte : Deborah Bird Rose et Isabelle Stengers.

Dans les mois à venir, de très belles choses seront à découvrir chez Wildproject, ainsi en février le nouvel ouvrage de Kirkpatrick Sale, L’art d’habiter la terre : la vision biorégionale ; ainsi que L’écologie sociale : penser la liberté par-delà l’humain de Murray Bookchin ; Quilombo consacrera une soirée à ce livre, le 13 février, avec Marin Schaffner, traducteur et postafcier. En mars, un livre collectif qui devrait alimenter quelques conversations : Le livre est-il écologique ? Papier, machines, artisans, idées ; et L’économie expliquée aux humains d’Emmanuel Delannoy. En avril, Politique du flamant rose : vers une écologie sauvage de Raphaël Mathevet et Arnaud Béchet ; et en mai, le Guide du sentier du Grand Paris  ; Zone sweet zone d’Yvan Detraz ; et le nouveau livre de Baptiste Morizot, Raviver les braises du vivant : manifeste (coédition avec Actes Sud).

Wildproject
55 rue Flégier
13001 Marseille
www.wildproject.org


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