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au samedi de 13h à 20h
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PROCHAINS DÉBATS

Le lundi 23 août 2021 à 13h00
¡ HASTA LUEGO, QUERIDO COMPAÑERO !

Le peuple du livre perd l’un de ses ardents défenseurs ; l’équipe de Quilombo l’une de ses figures historiques ; et beaucoup un ami. Nous ne t’oublierons pas Bastien. Compte sur nous pour poursuivre les nombreux combats auxquels tu as participé à nos côtés. ¡ Hasta luego, querido compañero !

Les hasards de la vie peuvent se montrer cruels. L’équipe de la librairie Quilombo en a fait l’amère expérience le jeudi 8 juillet 2021. Ce jour-là, nous avions prévu depuis plusieurs semaines de nous retrouver dans la soirée pour notre assemblée générale annuelle. Mais, dans la matinée, une terrible nouvelle nous est parvenue : Bastien est décédé. À 40 ans. Catrina, figure de la mort au Mexique, a traversé l’Atlantique pour venir le chercher dans son sommeil. Arrêt cardiaque.
Après avoir consacré pas mal de temps à Co-errances, structure de diffusion-distribution alternative de livres, de disques et de DVD, avec qui nous étions en cheville, Bastien est arrivé à la librairie en 2005 comme bénévole. Un an plus tard, il en est devenu salarié à mi-temps et l’est resté jusqu’en janvier 2019. Durant ses deux dernières années passées à la librairie, il s’était engagé dans une formation de traducteur, activité qui le passionnait.
Comme il en avait marre du rythme infernal et du furieux bruit des rues de Panam’, il s’est installé, quelques mois après son départ de la librairie, à Millau, pour se reposer, retrouver tout un tas d’amis et se consacrer à l’écriture, à la photographie et à la traduction. Sa maladie ne lui a laissé finalement que deux petites années de répit…
Rares sont les êtres que nous avons rencontrés à être autant appréciés et aimés par un si grand nombre de personnes. Bastien était de ceux-là. Dès son arrivée, il avait transformé la librairie en une agora où il faisait bon se retrouver à n’importe quelle heure de la journée pour échanger quelques mots sur une parution récente, discuter de l’actualité militante ou tout simplement se donner quelques nouvelles. Ses frangines et sa famille en escale à Paris, ses amis venus de la France entière – certains même de l’autre bout de la planète –, ses camarades de la CNT et du Comité Chiapas, tout le monde rendait visite à Bastien à Quilombo, et nous pensons bien évidemment à eux avec qui nous partageons notre immense peine.
Bastien n’était pas un libraire comme les autres. Il savait la chance d’exercer ce métier, et il avait une haute idée de la librairie, à l’exact opposé de l’esprit de start-up qui a envahi le monde du livre. Souvent à contre-courant, y compris de ceux qui se pensent « rebelles », son exigence, sa sensibilité et sa probité le distinguaient.
Infatigable et pourtant épuisé, il courait après le temps et déployait une énergie folle à concrétiser tous ses projets d’écriture et d’action militante. Contributeur au journal Le Combat Syndicaliste, à la revue de littérature prolétarienne Fragments, il avait traduit plusieurs ouvrages pour les éditions L’échappée. Il avait également participé à des livres collectifs publiés par cet éditeur comme L’assassinat des livres, Aux origines de la décroissance ou Divertir pour dominer 2. Son livre Antifascisme radical ? Sur la nature industrielle du fascisme était paru aux éditions de la CNT en 2015. Tout cela sous le malicieux pseudonyme de Sebastian Cortés.
Immense lecteur de sciences humaines, il se plongeait également avec joie et gourmandise dans la littérature – prolétarienne, noire, classique ; pour lui, c’était un tout qu’il ne fallait en aucun cas dissocier. Deux auteurs l’avaient particulièrement marqué, bouleversé même : Günther Anders et Edward Abbey. Il n’est pas impossible que vous soyez reparti de Quilombo avec l’un de leurs livres sur ses conseils. Les deux tomes de L’Obsolescence de l’homme, il les avait lus plusieurs fois, et avait décortiqué les textes visionnaires du philosophe allemand. Il citait souvent l’auteur du Gang de la clef à molette, et nous ne résistons pas à l’envie de partager avec vous son passage préféré : « Je m’assieds sur une des solides caisses de ravitaillement et j’active mon traitement de texte. C’est un bon traitement de texte. Pas cher, silencieux, interface conviviale, zéro vibration, zéro radiation, zéro pièce démontable, zéro entretien, zéro consommation, facilement remplaçable, extrêmement portable : il s’agit d’un ensemble carnet-stylo à bille. »
Mais Bastien n’était pas seulement un homme de lettres, il était aussi un être sensuel qui aimait le bon vin, le bon rhum, la musique, le cinéma et les bonnes bouffes, surtout si tout cela était partagé avec ses amis au cours de banquets animés par nos rires ravageurs et nos conversations animées. Très engagé politiquement, Bastien n’était jamais dogmatique, la critique dialectique était bien son arme favorite dans ses joutes amicales mais pourtant toujours sérieuses. Il pouvait se montrer sévère dans ses remarques souvent judicieuses mais sans jamais être blessant. Il défendait une vision du monde très exigeante pour l’humanité pour laquelle il se battait par son exemplarité d’homme juste, honnête et rigoureux.
C’est peut-être l’une des personnes en France qui attendait avec le plus d’impatience l’arrivée de la caravane zapatiste à l’été 2021. Il avait réussi à s’organiser pour aller les rencontrer pas loin de chez lui, des fois qu’il retrouverait celles et ceux qu’il avait croisés à San Cristóbal au Chiapas il y a dix ans. D’ailleurs, l’un de ses derniers textes, à paraître en novembre dans la revue de contre-histoire Brasero raconte l’histoire de leur fameux passe-montagne ; impossible de ne pas sourire à la lecture de son article, un subtil alliage entre rage, révolte et humour. Il avait réussi le même dosage dans son texte paru dans la revue Fragments où il raconte l’un de ses séjours à l’hôpital en compagnie de Georges, ancien colonel octogénaire. Malgré son aversion pour l’armée, il avait sympathisé avec ce personnage haut en couleurs qui lui avait dit qu’il n’avait pas peur de mourir. « La mort, c’est dur surtout pour ceux qui restent ». Il ne croyait pas si bien dire…
Il ne cessait de dire et de répéter que l’émancipation devait passer par l’action collective et par le livre ; mais aussi et surtout par l’art. Par la musique bien sûr, où son éclectisme nous a fait découvrir tout un tas d’artistes – John Zorn, Interzone, Dominique A, 16 Horse Power, entre autres. Mais aussi par la photographie à laquelle il s’adonnait. Il ne jurait que par la photo argentique – la vraie, pas la photo numérique, qui inonde le monde et dénature la poésie de l’image. Il fallait voir son bonheur, lorsqu’il emportait avec lui son appareil à la librairie, et prenait l’un d’entre nous par surprise.
Détestant les réseaux sociaux, il défendait le temps long contre l’immédiateté de notre société en crise. Nous ne le trahirons pas en diffusant son texte sur ce qu’il appelait les réseaux de la haine. Pour celles et ceux qui n’ont pu venir à ses obsèques, nous organiserons courant septembre une soirée pour lui rendre un bel hommage. Comme il a fait découvrir tout un tas de livres aux lectrices et aux lecteurs de passage à Quilombo, n’hésitez pas à nous envoyer un petit mot pour nous raconter les lectures et les découvertes que vous avez faites grâce à lui. Elles sont extrêmement nombreuses, nous en sommes certains.
Le peuple du livre perd l’un de ses ardents défenseurs ; l’équipe de Quilombo l’une de ses figures historiques ; et beaucoup un ami. Nous ne t’oublierons pas Bastien. Compte sur nous pour poursuivre les nombreux combats auxquels tu as participé à nos côtés. ¡ Hasta luego, querido compañero !

(illustration de Jean Aubertin)


Le mardi 24 août 2021 à 13h00
LA LIBRAIRIE EST OUVERTE - COMMANDES EXPÉDIÉES

La librairie est ouverte du mardi au samedi de 13h à 20h. Les commandes par correspondance sont expédiées
Vous pouvez encore choisir le mode du retrait : vous passez votre commande sur notre site, vous choisissez l’option "le retirer à la librairie", nous vous prévenons quand la commande est prête.
Concernant la vente par correspondance, vous pouvez passer vos commandes comme d’habitude, sur notre site ou par courrier en envoyant un chèque !

POUR VÉRIFIER LES TITRES DISPONIBLES
Les livres présents sur notre site internet ne correspondent pas forcément à ceux que nous avons en stock.
Pour vérifier la disponibilité d’un titre, vous pouvez vérifier cela sur :
https://www.librairiesindependantes.com
ou https://www.parislibrairies.fr

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Les livres présents sur notre site internet ne correspondent pas forcément à ceux que nous avons en stock.
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ou https://www.parislibrairies.fr

Le coronavirus renforce tout ce contre quoi nous luttions déjà : numérisation des activités humaines, distanciation sociale et peur de l’autre, discriminations, répression et surveillance, consommation de la culture de masse… et surexploitation des travailleurs les plus précaires auxquels nous adressons notre soutien.
Nous nous opposons de toutes nos forces à ce monde qui ne cesse d’accentuer les inégalités, restreint nos libertés individuelles et collectives, nos moyens de lutte, cherche à nous soumettre à des modes de vie uniformisés et dépendants. C’est pourquoi nous continuons de nous battre plus que jamais pour soutenir l’édition indépendante et rendre visibles des ouvrages critiques de qualité. Nous espérons votre soutien dans ce moment difficile. Cette période incroyable que nous vivons, c’est une mise à l’arrêt de l’activité mais elle ne ressemble pas à que nous avions imaginé dans nos projets de décroissance ; elle n’annonce pas des lendemains qui chantent mais bien au contraire plus de destruction et de contraintes, et elle nous prive de nos forces collectives.
N’hésitez pas à nous demander par mail notre tout nouveau catalogue 2021. C’est un outil de résistance, notre moyen de vous faire connaître les ouvrages parus récemment qui ont grandement souffert du confinement, principalement dans des maisons d’édition indépendantes, et qui sont pourtant les meilleures sources de connaissance et de réflexion pour lutter contre le technolibéralisme et la déshumanisation.
Nous attendons avec enthousiasme vos commandes, et nous vous remercions d’avance pour votre soutien sans faille.


Le mercredi 6 octobre 2021 à 20h00
CONTRE LA RÉSILIENCE

Thierry Ribault présentera Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs (éditions L’échappée) // dès 20h dans la librairie (23 rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).

Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de « rebondir » à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l’origine de son bonheur, l’assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
À la fois idéologie de l’adaptation et technologie du consentement à la réalité existante, aussi désastreuse soit-elle, la résilience constitue l’une des nombreuses impostures solutionnistes à la critique de laquelle cet essai, fruit d’un travail théorique et d’une enquête approfondie menés durant les dix années qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima, entend prendre part.
La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d’une ignorance organisée. Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vies insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d’un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite. Autant d’impasses et de dangers appelant à être, partout et toujours, intraitablement contre elle.

une émission de radio à écouter :
https://offensivesonore.blogspot.com/2020/03/contre-la-resilience-fukushima-et.html


Le mercredi 20 octobre 2021 à 20h00
DISSIDENCES ALGÉRIENNES

Nedjib Sidi Moussa présentera Dissidences algériennes. Une anthologie, de l’indépendance au hirak (éditions L’Asymétrie) // dès 20h dans la librairie (23 rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).

Le surgissement populaire de 2019 en Algérie a braqué les projecteurs, du moins pour un temps, sur une société en pleine effervescence, avide de justice et de liberté. Pourtant, le hirak ne constitue qu’une séquence, certes inédite à plus d’un titre, de l’histoire des luttes sociales et politiques qui ont jalonné la trajectoire de ce pays depuis sa sortie de la nuit coloniale. En effet, cette anthologie de textes souvent méconnus se propose de mettre en lumière grèves, émeutes, révoltes et débats tels qu’ils furent rapportés et animés par des individus ou groupes se réclamant du socialisme et opposés au régime militaro-policier. Qu’il s’agisse de l’autonomie de la classe ouvrière, de la reconnaissance de la culture berbère, de la séparation de l’Etat de la religion, de l’égalité entre les hommes et les femmes ou du bilan du combat anticolonialiste, les analyses et prises de position émanant de ces dissidences algériennes conservent une audace rarement égalée à ce jour.


Le vendredi 19 novembre 2021 à 00h00
PARUTION DU PREMIER NUMÉRO DE LA REVUE BRASERO

Parution du premier numéro de la revue Brasero, revue de contre-histoire, aux éditions L’échappée

Parution le 19 novembre

Coordonnée par Cédric Biagini et Patrick Marcolini

Illustrée par Jean Aubertin

PRÉLIMINAIRES

L’œil de la police
La Gueuse blanche de Montmartre, par Anne Steiner

Sur les routes
Le Tour de France de Flora Tristan, par Sidonie Mézaize Milon

Loufoqueries
Trotskisme et soucoupes volantes, par Patrick Marcolini

Pour le socialisme, contre le totalitarisme
La Vérité sur Kronstadt, par Marie Isidine

CAHIER PRÉSENCE

Les irréguliers
Jean-Louis Brau. LSD, mitraillettes et poésie sonore, par Patrick Marcolini

Femmes de combat
Anna Mahé. De l’anarchie au Jokari, par Anne Steiner

Révolutionnaires du monde
Ali ibn Muhammad et la révolte des Zandj, par Nedjib Sidi Moussa

Amours révolutionnaires
Sur la route de Joe Hill et de ses rebel girls, par Michèle Jacobs-Hermès

CAHIER SUBSTANCE

Avec du style
L’habit ne fait pas le guérillero, par Sebastián Cortés

Bon débarras
Adieu Second life, par Cédric Biagini

On arrête (parfois) le progrès
« On n’arrête pas le progrès ». Retour sur l’invention d’un mythe moderne, par François Jarrige

Insolite
Les piqueurs. Paris à la pointe des attentats, par Frédéric Lavignette

CAHIER MARGES

L’écologie avant l’écologie
Toltsoï contre les bolcheviks, Pierre Thiesset

En communauté
Monte Verità. Naissance difficile de la contre-culture, par Jean-Christophe Angaut et Anatole Lucet

Les dissidents de la modernité
Le Grand Jeu. Révolution et Révélation, par Julien Lafon et Patrick Marcolini

PARCOURS

Annie Le Brun. Sous le signe de l’écart absolu
Entretien réalisé par Rémi Ricordeau et Sylvain Tanquerel

CAHIER SENS

Combats graphiques
Sans parole, mais pas sans voix, par Cédric Biagini

Bons caractères
Le socialisme typographique de William Morris, par André Tschan

Résister c’est créer
Le Temps des œillets. Les murais de la révolution portugaise, par Zvonimir Novak

Au spectacle vivant
« Approchez, approchez, Mesdames et Messieurs ! » La foire, berceau des théâtres populaires, par Naly Gérard

En chanson
Gribouille. Le cœur en berne, par Jacques Baujard et Alice Guillemard

CAHIER PAGES

Les aventuriers du livre
Claude Tchou. Bienvenue au club, par Chantal Aubry

Le Grain des mots
Technocritique et science-fiction, par Renaud Garcia

Lectures
Rubrique coordonnée par Charles Jacquier


Les débats déjà organisés par Quilombo
Le jeudi 15 octobre 2020 à 19h30
La guerre des mots

Selim Derkaoui et Nicolas Framont, rédacteurs en chef du magazine Frustration, viendront parler de leur livre La guerre des mots, qui paraît en octobre (éditions le passager clandestin), un manuel de contre-propagande pour décrypter la novlangue des classes dominantes ! // dès 19h30 au CICP à côté de la librairie (21 ter rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).


Le mardi 13 octobre 2020 à 19h30
Commune(s), 1870-1871

Rencontre avec Quentin Deluermoz autour de son livre Commune(s), 1870-1871 (à paraître le 8 octobre au Seuil) : pour comprendre la portée encore actuelle de cet événement, et l’histoire globale des révolutions // dès 19h30 au CICP à côté de la librairie (21 ter rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).


Le mardi 6 octobre 2020 à 20h00
La Fin de la mégamachine

Venue exceptionnelle en France de Fabian Scheidler, qui viendra parler de son livre La Fin de la mégamachine. Sur les traces d’une civilisation en voie d’effondrement (à paraître le 1er octobre au Seuil) // à 20h au CICP à côté de la librairie (21 ter rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).


Le vendredi 18 septembre 2020 à 19h00
Sauve qui peut - Demain la santé

Santé : de l’insurrection à la reconstruction, réalités présentes et alternatives futures, à l’occasion de la sortie du recueil de nouvelles de science-fiction Sauve qui peut - Demain la santé (éditions la Volte) // dès 19h dans la librairie (23 rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).



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