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Anacharsis



Les toulousaines éditions Anacharsis ont vues le jour en 2000 « sur les quais de la Daurade, en bord de Garonne ». Consacrées à la « rencontre entres cultures » aussi bien au travers du monde que de l’histoire, plusieurs éléments ont aussi concourus à leur création : il s’agissait d’adresser « un bras d’honneur libérateur (…) à l’Université. Ni l’un ni l’autre [des deux fondateurs] n’avait grande illusion sur cette institution, vécue davantage comme un organe de production d’un savoir de convention capable seulement de resservir toujours la même soupe froide que comme le lieu de la création et de la transmission des idées. L’Histoire notamment, dont nous avions tous deux suivi le cursus classique avec option méditerranéenne, était en état de catalepsie avancée, au point qu’on pouvait parfois la confondre avec un filet de limande surgelé de chez Picard » ; ou encore de réagir devant un phénomène contemporain, vu que « ces vingt dernières années ont vu éclore de nombreuses maisons [d’éditions], grâce au Personnal Computer. Le même PC a permis des logiques de gestions des flux et des stocks qui ont accéléré le mouvement inflationniste de l’édition (tout en compressant jusqu’à l’asphyxie les libraires et la librairie). Ajouter à cela la fascination pour le spectaculaire, depuis les éditeurs qui se proclament « résistants » jusqu’à ceux qui se font les chantres du tout numérique pour mieux faire du fric, conduit à poser le constat qu’on a intérêt à se remettre vite au boulot pour faire de bons livres avant de s’autoriser à ouvrir sa grande gueule. »

Avec de telles ambitions, il était difficile de monter une vraie entreprise capitaliste pour mener à bien ce projet : Anacharsis est donc créée sous le statut d’association loi 1901, et dix ans plus tard ce statut est en cours de changement. Anacharsis va devenir une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) « dont les présupposés économiques nous paraissent en parfaite adéquation avec notre type de fonctionnement, outre le fait que ce type d’entreprise, basé sur la non-fructification du capital et l’intention de pérennisation de l’activité avant tout, correspond parfaitement à l’idée que nous nous faisons de ce que doit être la production de livres. » Comportant actuellement deux salariés à temps plein, Anacharsis fait aussi appel à une bonne poignée de bénévoles, et « si les choix éditoriaux relèvent en définitive des deux fondateurs, les idées, l’orientation générale et certains projets sont portés ou amenés de façon collective, sous l’œil vigilant d’acribiques collaborateurs, jamais en reste de fulgurances éditoriales. » Comment se répartissent les tâches en interne, alors ? « Le gros du travail de production (couvertures, éditorial, maquette, fabrication, service de presse, etc.) est répartis entre quatre personnes essentiellement, toutes capable de pratiquer avec art le trapèze volant et de se rattraper par les mains alors qu’on serait en droit de s’attendre à une chute fatale puisqu’il n’y a pas de filet, en dessous » - le capital de départ étant de 0 euros (ou 0 francs à l’époque, mais bon pas besoin de sortir vos convertisseurs). Diffusées-distribuées par Les Belles Lettres, les éditions Anacharsis sont présentes dès que faire se peut dans des salons et font quelques envois en service de presse mais sont de fait « toujours à la recherche de critiques littéraires qui puissent comprendre le premier mot de notre démarche et ne pas se contenter de faire passer l’info ».

Entre 1000 et 3000 exemplaires tirés pour la soixantaine de titres publiés depuis 2002, le trou se creuse pour se faire une bonne petite place à part dans la littérature indépendante française actuelle. On sait qu’on peut compter sur Anacharsis pour sortir du rang, qui avec trois collections (« Famagouste, qui constitue l’essentiel de nos publications, centrées sur l’édition de textes de littératures lointaines inédits ; Fiction, dévolue aux romans contemporains ; Essais, dévolue aux essais, c’est-à-dire à des ouvrages qui interrogent les fondamentaux des sciences de l’homme ») et des titres comme Le Middle Ground de Richard White, 1878, Carnets de campagne en Nouvelle-Calédonie ou encore Captif des Tatars de Johannes Schiltberger, réussit à mettre en avant ce que le « choc des cultures » nie à l’Humanité. Des surprises, il y en eut, des mauvaises comme "La Véritable Histoire de Billy the Kid , écrite par son meurtrier Pat Garrett, livre qui a servi de fondement à toutes les romances à propos de Billy, depuis Arthur Penn jusqu’à Peckinpah et qui est en plus un témoin cru de la littérature populaire américaine à ses débuts, [qui] est péniblement parvenu à passer les 1000 exemplaires » ; et des bonnes, « les romans populaires de haute tenue du vénitien Alberto Ongaro que nous avons pu nous maintenir quand il faisait froid : La Taverne du doge Loredan a été notre plus gros succès, accompagné de notre tout premier « best », Tirant le Blanc, du chevalier-brigand valencien Joanot Martorell ». Et surtout, à leur catalogue,« il n’y a AUCUN titre qui ne soit pleinement assumé ».
En résumé : beau boulot !

3 rue Peyrolières, 31000 Toulouse. Téléphone : 05 34 40 80 27

36, cours Lieutaud, 13001 Marseille. Téléphone : 09 71 20 63 12

http://www.editions-anacharsis.com

L’équipe de Quilombo vous présente des éditeurs engagés. Une table présentant les principaux livres leur est dédiée à la librairie et vous pouvez bien sur nous commander tous les titres par correspondance.

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