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Nanterre, du bidonville à la cité


N’entend-on pas en permanence, susurrés au creux de l’oreille, des discours « sur ces parents qui ont courbé l’échine et rasé les murs », qui attendaient patiemment le retour au pays en acceptant l’exploitation hexagonale ? Ou, à l’inverse, ne moque-t-on pas à longueur de journée la fainéantise, la délinquance des jeunes des cités perdus (pour la République pour les uns, pour la révolution pour les autres), leur absence de volonté « d’intégration », « de travail », par comparaison à ces forçats du travail d’hier, respectueux et disciplinés ? Aux discours pesants et réducteurs sur l’immigration répondent une histoire et des acteurs multiples, des luttes qui, bon an mal an, font partie de la longue durée de l’histoire sociale des conflits sociaux de la France.

Au début des années 1950, Nanterre, communiste depuis 1935 et tardivement industrialisée, comporte encore d’immenses friches, futurs bidonvilles où s’installeront de nombreux immigrés venus d’Algérie, du Maroc et du Portugal. La forte politisation ouvrière, la guerre d’Algérie,la construction de l’université où éclateront les révoltes de Mai 68, l’éloignement du communisme municipal d’avec la toute jeune cause des étrangers, en feront un laboratoire social de l’immigration au coeur du bouillonnement politique et intellectuel des années 1960 et 1970.
Aujourd’hui, si le pouvoir municipal a réagencé son discours et ses pratiques auprès d’un électorat largement composé d’enfants de cette immigration, enchaînant commémorations et hommages à leurs pères, de nouveaux bidonvilles se construisent à quelques mètres de là où s’entassaient ceux des années 1950. Et les luttes, grèves, occupations reprennent.


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