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Hector est mort

Au palais du Bonneteau


Le vendredi 22 février 2002, Hector Loubota, un
jeune homme (19 ans) d’origine congolaise, travaille
sur le chantier d’insertion de la Citadelle
d’Amiens. Grimpé sur un échafaudage, il maçonne
par temps de pluie. D’un coup, un pan de
mur s’effondre, et il meurt écrasé sous 600 kilos
de pierres.
Quelle est la première consigne que reçoivent ses
collègues ? « Surtout, n’en parlez pas en dehors »,
leur conseille un psychologue envoyé par la mairie.
Que vient annoncer au père, le soir-même du
décès, une médiatrice de la Ville d’Amiens ?
« Mieux vaudrait que vous ne portiez pas plainte. »
Comme une procédure est malgré tout enclenchée,
l’avocate de la famille se fait convoquer par son
bâtonnier : « J’espère que vous ne comptez pas créer
des ennuis à Monsieur de Robien », la prévient-il.
La justice organise alors l’injustice.
Avec une instruction qui s’éternise.
Avec un procureur, des substituts, des magistrats,
qui font de leur mieux pour planter le dossier.
Avec des élus qui mêlent l’arrogance à l’indifférence.
Avec une presse locale qui se tait.
« J’ai confiance dans la justice de ce pays », déclarait
le père, Bernard Loubota, au début de l’affaire.
Onze années plus tard, ce n’est plus le cas.
Cette enquête au long cours sur un accident du
travail nous mène des quartiers populaires aux
coulisses des tribunaux, d’un hôpital psychiatrique
au « traitement social du chômage », et
dévoile les réseaux de notables provinciaux.


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