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Tryggve Kottar


J’ouvre les yeux, pris de panique. La maison avait tremblé. Un grondement avait résonné dans tout mon corps et mon cœur tambourinait contre ma poitrine. Je pense à une catastrophe. Foudre ? Tremblement de terre ? Fin du monde ? Les plus sinistres dénouements me venaient à l’esprit ; un instant, j’envisage la mort. Je regarde autour de moi. Mon tableau de chasse et mon miroir, bien qu’accrochés par des mécanismes précaires, tenaient encore en place. L’eau du verre cependant, sur ma table de nuit, était agitée de vaguelettes.
Alors, le grondement recommence. Je me penche par la fenêtre, seulement je ne vois rien ; mes yeux n’étaient pas encore habitués à la pénombre. La pluie tombait toujours avec une triste régularité. Une lune fragile filtrait derrière un nuage. Puis, juste là, presque sous moi, j’entends le son sec d’un sabot et, confondu parmi les branches, je devine la ramure d’un élan. Il allonge le cou, enfle ses naseaux et, plongeant ses yeux dans les miens, pousse un brame à fendre un chêne.

Tryggve Kottar vit à l’écart d’un hameau, dans un temps incertain, quelque part en Scandinavie. Ses journées ne sont contraintes que par le travail du potager, et s’écoulent paisiblement entre introspection et contemplation de la nature. Quand un élan, à la saison de ses amours, vient affoler cette quiétude par ses ébats, tout bascule alors inexorablement dans la vie jusque là délicieusement hors du monde de Tryggve Kottar.
Dans ce premier roman, porté par une langue d’une profonde originalité, Benjamin Haegel s’attaque à une histoire hallucinante qui nous plonge sans ménagement dans la face érotique du retour à la nature, qui nous emporte, sans que l’on s’en méfie, à la découverte de la part animale qui affleure sous le vernis de notre apparente humanité.
Les chimères androgynes de Marie Boralevi oscillent entre l’humain et l’animal, se jouent, avec une extrême acuité et autant de délicatesse, de la violence qui les sous-tend.


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