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Nique la France


Inclut : Album CD du groupe Z.E.P (zone d’expression populaire).
La Fierté d’être français ou l’imposition du silence (par Said Bouamama) Qui n’a pas ces derniers mois assisté à un débat dans lequel une personne issue de la colonisation se sentait obligée de déclarer qu’elle « aimait la France » ou qu’elle était « fière d’être française » avant de s’autoriser à développer son point de vue ? Qui n’a pas été confronté aux discours comparatifs entres les jeunes français issus de la colonisation et leurs parents, les seconds étant présentés comme polis, courageux et discrets et les premiers comme impolis, fainéants et ostensibles ? Qui n’a pas entendu des élus affirmer la nécessité d’être patients en réponse à des questions sur les discriminations vécues ? Curieusement, cette comparaison entre les générations issues de la colonisation est dans un sens évaluatif inversé par rapport à la période précédente. Il n’y a pas si longtemps c’étaient les enfants arbitrairement renommés « beurs » qui étaient valorisés en comparaison à leurs parents construits comme culturellement distants, difficilement « intégrables » ou même « inintégrables ». La multiplication de ces injonctions à l’invisibilité, à la politesse et à la mesure, parfois explicites et généralement implicites, ne doit rien au hasard. Elle est le résultat d’un rapport de forces entre, d’une part, une jeunesse qui, de plus en plus, refuse la place d’indigène qui lui est assignée et, d’autre part, un système de domination qui produit cette assignation. Ces injonctions sont un rappel à l’ordre de la seule place légitime qui lui ait reconnue : celle de dominée soumis. Elles constituent une violence symbolique visant à renvoyer ces jeunes dans des postures de résignation à l’inégalité.


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