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De Delphes


Avec ses Correspondances Erik Satie Claude Debussy, son interprétation des Études de Debussy au festival de Lille, son exploration du répertoire de Léo Ferré, Tony Hymas, en marge des groupes, rencontres et combinaisons instrumentales plurielles qu’il affectionne (allant jusqu’à la direction du London Symphony Orchestra pour sa première Symphonie), a affirmé son rapport profond et intime à son instrument premier : le piano.

Mais plus encore. À partir de 2013, Tony Hymas a, en diverses occasions, raconté seul avec cet instrument une sorte de petite histoire personnelle de la musique marquant certaines étapes qui en constituent autant de franches corrélations, d’exaltants cousinages, de solidaires accointances. Si le point de départ y était toujours le même : Delphes en 128 avant J.-C. avec le premier morceau de musique écrite ("Premier hymne delphique" d’Athenaeus), le point d’arrivée variait suivant les destinations : landes bretonnes, maquis limousins, campements gitans en Avignon…

De Delphes… regroupe tous ces voyages. L’esprit de résistance y est le sous-jacent dénominateur commun, que ce soit celui des Communards (« Les Temps nouveaux » sa propre composition), de Missak Manouchian, Georges Guingouin et leurs compagnes et compagnons (« La complainte du Partisan » d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Anna Marly et « L’affiche rouge » du Cuarteto Cedrón), des manifestants moraviens de 1905 (« Sonata 1.X.1905 » de Leoš Janáček), celui de trois femmes compositrices en un temps où les compositrices étaient souvent, au mieux, mal considérées sinon réellement persécutées (« Essaim de Mouches » de Marie Jaëll, « Éclogue » de Mel Bonis, « Air de Ballet Callirhoë » de Cécile Chaminade), celui de la permanence du blues (« Winnsboro Cottonmill Blues » de Frederic Rzewski, « Si tu vois ma mère » de Sidney Bechet), celles d’autres visages oubliés (« Les gitans d’Avignon » d’Ursus Minor, « As Crechas » de Jacky Molard) ou celles des explosives éclosions formelles des chahuteurs de l’aube musicale du XXe siècle (« La plus que lente » de Claude Debussy, « Première Gymnopédie » d’Erik Satie). Mieux qu’un album qui séduira amateurs de musiques dites « classiques » ou de « jazz », De Delphes… est le profond témoignage d’un flux continuel et intensément humain où la musique dessine son langage de transformation.


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