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La Colère de Ludd

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Il s’agit d’une narration du mouvement luddite (1811-1817) en Angleterre – qui tenta de résister à l’introduction des machines dans l’industrie textile et amena le pays au bord de l’insurrection, en pleine guerre contre Napoléon. Rédigée dans un style vivant, elle est fondée sur toutes les sources relatives à ces troubles, présentées au fil du récit par une traduction exhaustive des documents relatifs à cet épisode fondateur du mouvement ouvrier.

Le propos de l’auteur est, en outre, de démystifier le mouvement luddite – souvent présenté, abusivement, comme « écolo » et « technophobe » avant la lettre – et de souligner l’aspect révolutionnaire et social de ces premiers balbutiements d’un prolétariat révolté contre la société capitaliste en formation. Un appendice sur les poètes romantiques contemporains « engagés » – aussi compatissants avec les tribulations du petit peuple qu’atterrés par le machinisme et la laideur de la société urbaine qui se dessinait sous leurs yeux – éclaire les origines de ce mythe. Cette narration parfois picaresque est également l’occasion de décrire le contexte et les principaux acteurs tant du capitalisme industriel naissant que du rejet des nouveaux rapports sociaux qu’imposait celui-ci. On y voit ainsi agir les sociétés secrètes ouvrières ou radicales et la bourgeoisie manufacturière en pleine ascension, et se démener une aristocratie sur le déclin mais encore maîtresse des armes et des lois. On y voit aussi vaciller des institutions confiées à des politiciens déconcertés par les transformations économiques, sociales et culturelles, mais prompts à sévir…

Dépassant les visions biaisées des briseurs de machines luddites – qu’ils soient vilipendés comme passéistes ou exaltés comme visionnaires –, souvent décrits comme en guerre contre le « progrès » technique, le récit dessine en filigrane l’universalité et l’actualité de cette révolte populaire fondatrice qui marquera pour longtemps les profonds antagonismes opposant la bourgeoise, rentière ou entrepreneuse, aux travailleurs, déqualifiés pour être mieux surexploités. La narration se conclut d’ailleurs par un commentaire historique plus explicite à l’égard de la postérité luddite.