Écrit en 1949, publié l’année suivante, ce « grimoire » nous convie à la traversée d’un quartier incorruptible au sein d’un monde qui s’écroule : celui de Saint-Germain-des-Prés. C’est sous des oripeaux poético-sociologiques que se révèle ce ghetto halluciné et déroutant, « bague au doigt de Paris ». En une vision quasi mythologique, Pomerand en restitue les beuglants, les voyous, les ivrognes, l’église – « l’unique sauvage du quartier » –, les putains intellectuelles, le jazz et les « pouètes » (on y croise notamment Cocteau, Vian ou encore Sartre).
En regard de ce long poème ardent qui préfigure les expérimentations de la beat generation, l’« Archange » Pomerand donne quarante-sept planches métagraphiées : manières de rébus faisant chanter les signes, elles viennent habiller le texte et lui insuffler une symbolique nouvelle, donnant à cette œuvre majeure le ton d’« un cran d’arrêt dans le verbiage ».
