MENU

ouvert du mardi
au samedi de 13h à 20h
23 rue Voltaire 75011 Paris
quilombo@globenet.org
01 43 71 21 07

Sybila Guéneau : Roman noir et luttes sociales

Roman noir et luttes sociales

Aller au panier

PROCHAIN DÉBAT

Le mercredi 13 mai 2026 à 20h00

ROMAN NOIR ET LUTTES SOCIALES : RENCONTRE AVEC SYBILA GUÉNEAU

Sybila Guéneau présentera Roman noir et luttes sociales (Éditions Agone) à partir de 20h // dans la librairie (23 rue Voltaire, Paris XIe, m° Rue des boulets ou Nation).

À paraître le 7 mai 2026

« Le roman néo-polar ne doit rien cacher de la violence, de l’outrance et de la perversité de l’époque. Il est revendiqué comme un “mauvais genre”, développant une esthétique du sordide et du cynique au service d’une critique radicale de la société. À la fois violent, satirique, nihiliste, novateur, ironique, troublant, nauséeux et résolument critique, le néo-polar représente une rupture au sein du paysage littéraire littérature.
Même s’il fut plus punk que gauchiste, plus noir que rouge, plus nihiliste que progressiste, le néo-polar aura inventé de nouvelles manières d’exprimer le dégoût d’une société en déliquescence, en rejetant l’hédonisme consumériste des années 1980. Ses auteurs auront rappelé que le roman policier peut servir à sonder les tourments et les tumultes du monde, et à les entrevoir avec plus de clarté. Si le néo-polar est aujourd’hui quelque peu oublié, c’est peut-être parce que, dans ses pages, la littérature noire ne se réduit pas à un divertissement transgressif : elle est la souffrance d’une société qu’il aurait fallu changer.
 »

Derrière l’appellation de « néo-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : basé sur le quotidien, sur la question du « pourquoi on tue » plutôt que du « comment on tue », les livres de ce mouvement ont déplacé le curseur : l’engagement politique de leurs auteurs et autrices est indissociable de leurs écritures.
Pourquoi néo ? Parce qu’il s’agit de rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d’enquête, personnage de détective, résolution finale, stéréotypes, etc.), et de porter sur la société un regard critique marqué par les idéologies d’extrême gauche.
Nous sommes juste après Mai 68, et le néo-polar va s’inscrire dans une tradition de réalisme critique : il s’agit d’exposer, par la fiction criminelle, les parts d’ombre de la société, et sa violence. En outre, digne héritier de son temps, ce mouvement brouille la limite entre « populaire » et « légitime ».
Mais alors, le néo-polar : un roman noir de gauche ? Pour dépasser cette définition simpliste Sybila Gueneau parle de « politique du désespoir ». En effet, ses auteurs mettent un point d’honneur à se distancier d’une gauche qui aurait trahi et dont ils ne manquent pas de faire une critique acerbe. À ce titre, le néo-polar est bien une politique du désespoir, et une poétique de l’échec.
L’autrice de ne se cantonne pas à l’époque : en prenant en compte les implications actuelles de son étude, elle la conclue en comparant le néo-polar au polar français contemporain. Les auteurs du second rejettent l’influence du premier et son gauchisme. Et s’ils continuent d’exploiter les représentations de la violence et des corps, c’est surtout la mise à distance de tout engagement politique qui caractérise les auteurs contemporains.