Le premier tome du Mythe de la machine s’achevait à l’orée du XVIIe siècle qui marque pour Lewis Mumford (bien plus que la conventionnelle Renaissance) la véritable entrée dans le monde moderne, celui de toutes les promesses, de tous les reniements et de tous les désastres. Avec ce second tome, Mumford poursuit sa synthèse de l’histoire du développement de la société humaine jusqu’au dernier quart du XXe siècle. La création, dès les premières grandes civilisations agraires, monarchiques et sacrées, de ce que l’auteur nomme la « mégamachine » – à savoir la transformation de l’ensemble du corps social en une organisation hiérarchique centralisée par la puissance autonome d’un État –, capable d’incroyables prouesses comme d’inconcevables destructions, constitue la matrice toujours féconde des monstruosités de la modernité la plus récente.
