La revue L’Inventaire publie son numéro annuel et sa seizième livraison – toujours et uniquement imprimée, toujours pour ceux qui rejettent l’injustice sociale et la soumission, la vie mutilée et l’insignifiance, l’irresponsabilité et la laideur que produit la civilisation industrielle avancée. Et parmi eux, à ceux qui n’ont pas renoncé à la discussion argumentée et l’examen critique. Au menu, notamment : relativiser la part du progrès médical dans l’allongement de l’espérance de vie ; raconter et penser une maternité contre la tentation nihiliste, ou un féminisme qui refuse la dépossession ; penser l’inscription de la politique d’extermination nazie dans la modernité industrielle.
« Le propos n’est pas ici de nier absolument les apports de la médecine, mais de critiquer le bien-fondé de son développement illimité : cette perspective de progrès infini ne sert qu’à légitimer la société industrielle dans son ensemble. La fuite en avant médicale ne supprimera ni la mort, ni la souffrance, ni la maladie ; elle crée et créera encore son lot d’effets négatifs (iatrogénie et obstination déraisonnable), et elle ne pourra se poursuivre que sous une forme de plus en plus inégalitaire du fait d’un coût en augmentation et de la fragilité de l’infrastructure industrielle sous-jacente, liée entre autres à la limitation du stock de ressources disponibles. » Louis Chauvelot
