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J. P. Hebel : Historiettes

Historiettes

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A-t-on déjà vu ça ? On confie à un modeste professeur de lycée, comme par inadvertance, la rédaction de petites histoires pour un vieil almanach périclitant. (Ceci se passe en Allemagne, dans le Bade, en 1803 – en période de révolutions et de guerres européennes.) Le petit professeur produit les historiettes requises, les plus simples qui soient : destinées au petit peuple à demi lettré des campagnes et des villes alentour. Or ces historiettes, de prose admirable, devinrent des bijoux de la littérature allemande. Au XXe siècle, elles sont admirées de Kafka, Benjamin, Bloch, Brecht, Heidegger, Wittgenstein, Canetti, Sebald… (Goethe les admira aussi en son temps, et dès 1810 en réclamait depuis Weimar.) L’historiette « Kannitverstan » (dans le livre aux pages 251-255) figura longtemps dans tout manuel scolaire en Allemagne (comme nous avons « Le corbeau et le renard ») ; « Retrouvailles inespérées » (pages 263-266) est dite par Bloch « la plus belle histoire du monde »…
Oui mais en France, ces histoires si belles, si simples (elles sont accessibles au premier enfant venu), restaient jusqu’à il y a peu totalement inconnues ! Alors fut lancé en 2016 le Hebel-Kolportage destiné à les faire entrer dans le pays en traduction (en contrebande). Ce kolportage recourut aux formes les plus diverses : tracts, affichages publics sauvages sur murs, radio-diffusion, blogs, lectures ambulantes, contrebande libraire, etc.
Après dix ans de kolportage, Pontcerq se décide à rassembler enfin ces histoires éparpillées – et propose ce recueil incontournable, que si nous étions vous nous achèterions aussitôt. (Surtout si pour vous rire importe.) „Das wird zu dem Künstler sagen der Fink.“
(« Vous savez à quoi cela engage – écrivait Hebel dans une lettre, en 1817 – lorsque l’on veut faire passer ce qu’il faut dire à un public déterminé dans la vérité et l’évidence de sa vie » – « sans être aperçu ni interpellé ».)