Parfois, dans mes moments de dépression et de découragement, je me dis : « Si on te demandait pourquoi tu écris, que répondrais-tu ? » Pour le plaisir de me voir publié ?... Oui... Pourtant, je n’éprouve plus la grande émotion du début. Pour servir ma classe ? Le service que je lui rends est bien mince. Je suis pessimiste, misanthrope, sceptique ; je doute de Dieu et des hommes, je doute de tout. Pourquoi ? ...
C’est dans ma nature, sans doute. Puis, j’ai été tant de fois déçu, trompé, berné. En écrivant, il m’est permis de converser avec mes pareils. Écrire est un moyen de m’épancher, c’est une longue confidence à mes frères anonymes perdus dans la même nuit. Constant Malva.
La vie des gens de la mine, leurs dialogues, leurs pensées, leurs sentiments mêlés pendant trois générations successives et rapportés par un des leurs, mineur de fond. Henry Poulaille dans sa préface voit dans ce livre « l’un des plus purs joyaux de la littérature prolétarienne mondiale ». Paru en 1932, il reste l’un des livres fondateurs de cette littérature et l’un des meilleurs récits de Malva dont ce fut le premier livre.
