Le narrateur, trentenaire résidant à Lyon, partage son temps entre son récent emploi de déménageur, les réunions d’une cellule de militants écologistes et les actions collectives de dégonflages de pneus de SUV. La première expédition nocturne, qui ouvre le roman et renseigne sur le déroulé technique d’une telle opération, remporte un succès médiatique : tout Lyon en parle. Une seconde, plus ambitieuse, s’organise pour surfer sur le buzz mais l’action prend une tournure délicate. Responsables et conscients de ce qu’ils provoquent, hostilité générale et récupération politicienne contre la mairie écologiste, le narrateur et trois autres activistes envisagent alors de déployer un gigantesque drapeau anti SUV sur une grue du chantier de construction d’une tour de 43 étages, en plein cœur de Lyon.
Ce premier roman évoque Lyon sous une touffeur permanente, de rue en rue, de parapets en grilles, le long du Rhône ou des couloirs de stationnement. Cette découverte physique de la ville, à fleur d’asphalte et au gré des déambulations des personnages, s’accole à la cartographie émotionnelle et psychologique du narrateur et d’une partie de sa génération.
Doutes, contradictions, peurs et adrénaline illuminent ce roman éminemment politique : le monde du travail, l’amitié et le collectif, l’évolution climatique, la quête de sens commun et l’incurie des luttes politiciennes se tressent ici crescendo, jusqu’à la séquence finale, action de haute volée aussi héroïque que dérisoire.
