Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manoeuvres. Et dans le même temps nous détestons tous le mépris. C’est dans cette contradiction, dans cette brèche que Du mépris s’engouffre.
S’il y a du méprisable il faut des méprisants pour l’émettre. S’il y a du méprisable, il y a des circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? À quel propos honorer le mépris ?
Au départ l’auteur n’en a qu’une très vague idée. Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d’une intuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme on ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d’une amie. Le mot mépris est douteux, douteux d’être cuisiné à toutes les sauces. D’être dégainé à tout propos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l’accusation de mépris devient suspecte.
Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque chose.
Sous le couvert du mépris autre chose se joue.
